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#Lourdes Vœux de Mgr Olivier Ribadeau Dumas

Les vœux de Mgr Olivier Ribadeau Dumas, recteur du Sanctuaire Notre-Dame de Lourdes

Première hier soir pour Mgr Ribadeau Dumas, recteur du sanctuaire Notre-Dame de Lourdes, en fonction depuis trois mois. Cette cérémonie de vœux a été pour lui l’occasion de rencontrer les élus locaux, dont Josette Bourdeu, l’actuelle maire de Lourdes, les membres de l’intersyndicale, du club des hôteliers lourdais, des chapelains, des religieux et plus particulièrement l’abbé Jean-François Duhar, curé de Lourdes, revu avec plaisir après des ennuis de santé, des membres de l’hospitalité Notre-Dame de Lourdes, des responsables du personnel du sanctuaire, etc.

Avant de partager la galette, l’assistance a écouté avec un vif intérêt l’intervention du nouveau recteur. Ses propos qui ont été très bien accueillis démontrent que Mgr Ribadeau Dumas a su appréhender les problèmes rencontrés par les sanctuaires. Les défis, il est prêt à les relever. Pour lui, Lourdes a un bel avenir devant elle, il parle bien évidemment du sanctuaire mais aussi des socio-professionnels.

Le discours de Mgr Ribadeau Dumas

Madame le Maire, mesdames et messieurs les élus, mesdames et messieurs membres de l’intersyndicale, chers frères, mesdames, messieurs, chers amis,

Permettez-moi de me réjouir tout d’abord de la présence de l’abbé DUHAR parmi nous. C’est une très grande joie de savoir notre curé ici ce soir.

C’est une très sincère et profonde joie pour moi de m’adresser à vous pour la première fois comme recteur du sanctuaire Notre-Dame de Lourdes alors que je suis arrivé dans votre ville, dans notre ville, depuis un peu plus de 3 mois. L’année nouvelle qui commence est l’occasion de cette rencontre amicale, loin de tout protocole, et l’occasion de vous dire ce qui me tient à cœur alors que j’ai découvert de l’intérieur le sanctuaire après en avoir été l’usager pendant bien des années. Et je dirais volontiers que l’expérience que je fais avec grande joie depuis mon arrivée me fait découvrir de très belles choses. Je suis heureux que soient présents à cette rencontre amicale ceux qui forment ce que j’appelle volontiers la galaxie de Lourdes, tant notre sanctuaire et notre ville ont partie liée avec des partenaires qui je le souhaite deviendront autant d’amis : autorités publiques, socio-professionnels, partenaires ecclésiaux.

Permettez-moi de vous dire en commençant combien il m’apparaissait naturel de vous offrir mes vœux ainsi que ceux des chapelains qui forment avec moi une équipe diverse et soudée, investie totalement dans leur mission et heureux pour beaucoup de contribuer à l’extérieur du sanctuaire au dynamisme de l’Eglise de Tarbes et Lourdes. Je le fais avec cette forte conviction qui s’est particulièrement développée pendant toutes mes années au secrétariat général et comme porte-parole de la Conférence des évêques de France, que la laïcité n’est pas une philosophie qui consisterait à reléguer dans l’espace privée l’expression des croyances, espace d’ailleurs qui deviendrait si privé qu’il finirait par en devenir caché ; mais la laïcité est ce principe républicain qui s’incarne dans un cadre juridique qui permet à tous, croyants de toute religion et non croyants, de vivre ensemble et de s’enrichir mutuellement de leurs propres visions de l’homme et de la société, dans le respect de l’ordre public. Sans vouloir récupérer l’héritage des législateurs de la loi de séparation de l’Eglise et de l’État, qui ne comporte d’ailleurs pas le mot « laïcité », il me semble que l’on peut trouver dans l’Evangile cette juste autonomie entre le pouvoir temporel et le pouvoir spirituel, mais autonomie ne veut pas dire indifférence. C’est l’Etat qui est laïc et avec lui ceux qui le représentent, mais non la société qui s’enrichit de la diversité de ses citoyens qui ne sont pas schizophrènes. On n’est pas d’un côté citoyen et de l’autre croyant. On n’est pas moins citoyen parce qu’on est croyant.

Nos sociétés occidentales traversent aujourd’hui des crises importantes dont les aspects économiques et sociaux, qu’il ne s’agit nullement de minorer, ne me semblent être que des manifestations et des expressions de quelque chose de beaucoup plus profond. Il y a, me semble-t-il aujourd’hui une crise du sens, une crise de la transmission et une crise de la confiance. Devant de tels défis, on peut être paralysé et anesthésié ou au contraire dynamisé. Je suis volontiers dans cette seconde option et ce d’autant plus que je crois que nous sommes ici dans une terre qui apporte une réponse à ces crises.

La crise du sens est évidente. Beaucoup, trop peut-être de nos concitoyens, ne savent plus très bien quel sens a la vie et semblent déconcertés par les progrès de la technique si rapides et de l’idéologie du progrès qui parfois remet en cause jusqu’aux fondements mêmes d’une anthropologie jusqu’alors presque communément acceptée. Mais aussi l’actualité récente nous montre que la seule perspective d’une consommation toujours plus forte ne peut remplir une existence, que les inégalités sont souvent insupportables. Le mouvement des gilets jaunes n’est pas que l’expression d’un mécontentement, il est aussi l’expérience d’une fraternité retrouvée entre des personnes qui ne se rencontraient plus. C’est là que je crois que nous avons à Lourdes une richesse inestimable. Parce qu’il y a plus de 160 ans, il y eut dans la grotte de Massabielle une rencontre étonnante : celle de Marie avec cette jeune flle pauvre de cette terre. Et depuis 1858, Lourdes est le lieu de la rencontre : rencontre entre malades et hospitaliers, rencontre entre les générations, rencontre entre prêtres et laïcs, rencontre entre pèlerins et visiteurs venant du monde entier, rencontre entre socio-professionnels et pèlerins, et je le souhaite profondément, rencontre entre nous. Cette rencontre dans la grâce de Lourdes, dans cet esprit si caractéristique du sanctuaire, mais aussi de tous ceux qui sont autour, illustre ce beau mot qui se trouve au fronton de nos édifices publics : la fraternité. A la crise du sens, Lourdes a une réponse, celle de la rencontre et elle en a une autre également : en proposant que les plus petits, les plus faibles, ceux que l’on ne regarde habituellement pas parce qu’ils n’incarnent pas les standards d’une humanité réussie, en proposant que les malades, les personnes handicapées et les fracassés de la vie soient à la première place, Lourdes envoie un message unique qui renverse les valeurs de nos sociétés. Et tous ceux qui font cette expérience souhaitent, j’en suis témoin, qu’elle soit l’ordinaire d‘une vie. Quelle chance pour nous et quelle responsabilité également ! Cette responsabilité nous est commune.

Madame le Maire, mesdames et messieurs les élus, mesdames et messieurs membres de l’intersyndicale, chers frères, mesdames, messieurs, chers amis,

Permettez-moi de me réjouir tout d’abord de la présence de l’abbé DUHAR parmi nous. C’est une très grande joie de savoir notre curé ici ce soir.

C’est une très sincère et profonde joie pour moi de m’adresser à vous pour la première fois comme recteur du sanctuaire Notre-Dame de Lourdes alors que je suis arrivé dans votre ville, dans notre ville, depuis un peu plus de 3 mois. L’année nouvelle qui commence est l’occasion de cette rencontre amicale, loin de tout protocole, et l’occasion de vous dire ce qui me tient à cœur alors que j’ai découvert de l’intérieur le sanctuaire après en avoir été l’usager pendant bien des années. Et je dirais volontiers que l’expérience que je fais avec grande joie depuis mon arrivée me fait découvrir de très belles choses. Je suis heureux que soient présents à cette rencontre amicale ceux qui forment ce que j’appelle volontiers la galaxie de Lourdes, tant notre sanctuaire et notre ville ont partie liée avec des partenaires qui je le souhaite deviendront autant d’amis : autorités publiques, socio-professionnels, partenaires ecclésiaux.

Permettez-moi de vous dire en commençant combien il m’apparaissait naturel de vous offrir mes vœux ainsi que ceux des chapelains qui forment avec moi une équipe diverse et soudée, investie totalement dans leur mission et heureux pour beaucoup de contribuer à l’extérieur du sanctuaire au dynamisme de l’Eglise de Tarbes et Lourdes. Je le fais avec cette forte conviction qui s’est particulièrement développée pendant toutes mes années au secrétariat général et comme porte-parole de la Conférence des évêques de France, que la laïcité n’est pas une philosophie qui consisterait à reléguer dans l’espace privée l’expression des croyances, espace d’ailleurs qui deviendrait si privé qu’il finirait par en devenir caché ; mais la laïcité est ce principe républicain qui s’incarne dans un cadre juridique qui permet à tous, croyants de toute religion et non croyants, de vivre ensemble et de s’enrichir mutuellement de leurs propres visions de l’homme et de la société, dans le respect de l’ordre public. Sans vouloir récupérer l’héritage des législateurs de la loi de séparation de l’Eglise et de l’État, qui ne comporte d’ailleurs pas le mot « laïcité », il me semble que l’on peut trouver dans l’Evangile cette juste autonomie entre le pouvoir temporel et le pouvoir spirituel, mais autonomie ne veut pas dire indifférence. C’est l’Etat qui est laïc et avec lui ceux qui le représentent, mais non la société qui s’enrichit de la diversité de ses citoyens qui ne sont pas schizophrènes. On n’est pas d’un côté citoyen et de l’autre croyant. On n’est pas moins citoyen parce qu’on est croyant.

Nos sociétés occidentales traversent aujourd’hui des crises importantes dont les aspects économiques et sociaux, qu’il ne s’agit nullement de minorer, ne me semblent être que des manifestations et des expressions de quelque chose de beaucoup plus profond. Il y a, me semble-t-il aujourd’hui une crise du sens, une crise de la transmission et une crise de la confiance. Devant de tels défis, on peut être paralysé et anesthésié ou au contraire dynamisé. Je suis volontiers dans cette seconde option et ce d’autant plus que je crois que nous sommes ici dans une terre qui apporte une réponse à ces crises.

La crise du sens est évidente. Beaucoup, trop peut-être de nos concitoyens, ne savent plus très bien quel sens a la vie et semblent déconcertés par les progrès de la technique si rapides et de l’idéologie du progrès qui parfois remet en cause jusqu’aux fondements mêmes d’une anthropologie jusqu’alors presque communément acceptée. Mais aussi l’actualité récente nous montre que la seule perspective d’une consommation toujours plus forte ne peut remplir une existence, que les inégalités sont souvent insupportables. Le mouvement des gilets jaunes n’est pas que l’expression d’un mécontentement, il est aussi l’expérience d’une fraternité retrouvée entre des personnes qui ne se rencontraient plus. C’est là que je crois que nous avons à Lourdes une richesse inestimable. Parce qu’il y a plus de 160 ans, il y eut dans la grotte de Massabielle une rencontre étonnante : celle de Marie avec cette jeune flle pauvre de cette terre. Et depuis 1858, Lourdes est le lieu de la rencontre : rencontre entre malades et hospitaliers, rencontre entre les générations, rencontre entre prêtres et laïcs, rencontre entre pèlerins et visiteurs venant du monde entier, rencontre entre socio-professionnels et pèlerins, et je le souhaite profondément, rencontre entre nous. Cette rencontre dans la grâce de Lourdes, dans cet esprit si caractéristique du sanctuaire, mais aussi de tous ceux qui sont autour, illustre ce beau mot qui se trouve au fronton de nos édifices publics : la fraternité. A la crise du sens, Lourdes a une réponse, celle de la rencontre et elle en a une autre également : en proposant que les plus petits, les plus faibles, ceux que l’on ne regarde habituellement pas parce qu’ils n’incarnent pas les standards d’une humanité réussie, en proposant que les malades, les personnes handicapées et les fracassés de la vie soient à la première place, Lourdes envoie un message unique qui renverse les valeurs de nos sociétés. Et tous ceux qui font cette expérience souhaitent, j’en suis témoin, qu’elle soit l’ordinaire d‘une vie. Quelle chance pour nous et quelle responsabilité également ! Cette responsabilité nous est commune.

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