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Expérience du visage maternel de l’Église

À Lourdes, père Horacio Brito : « Le pèlerin fait l’expérience du visage maternel de l’Église »

Entretien avec le père Horacio BritoAumônier, général de l’Hospitalité Notre-Dame de Lourdes et ancien recteur du sanctuaire.

La Croix : Quelle place occupent les piscines dans la spiritualité de Lourdes ?

Père Horacio Brito : Le « geste de l’eau » – le bain aux piscines ou le fait de boire aux robinets – permet aux pèlerins d’accomplir la parole de la Vierge à Bernadette : « Venez boire à la fontaine et vous y laver. » Rapidement, des personnes malades ont été plongées dans l’eau.

e pèlerin, accompagné par les hospitaliers, vit une expérience communautaire qui souvent le touche profondément. À travers leur présence, le pèlerin fait l’expérience du visage maternel de l’Église.

Le bain aux piscines permet aux pèlerins de s’approprier l’expérience de Bernadette, comme le passage et la prière à la Grotte, le dépôt d’un cierge ou les processions eucharistiques. Tous ces gestes, demandés par Marie, sont tournés vers le Christ. Il est la source de l’eau que l’on boit ou dans laquelle on se baigne.

N’y a-t-il pas le risque d’une recherche de miracle à tout prix ?

P. H. B. : L’immense défi du travail pastoral pour les prêtres et les laïcs engagés au sanctuaire, c’est de continuellement aider les pèlerins à trouver le sens profond de leurs gestes, qui appartiennent à ce que le pape appelle la piété populaire. Ils doivent permettre au pèlerin de découvrir la présence du Christ. Le risque existe de venir à Lourdes uniquement parce qu’il y a des miracles, de se baigner dans une eau miraculeuse et d’attendre quelque chose de magique.

Mais j’ai un profond respect pour ce que le pèlerin accomplit ici. Car, lorsqu’il boit de l’eau, touche le rocher ou dépose un cierge, il exprime sa relation à Dieu. Dans son esprit, Dieu peut prendre plusieurs visages, magique ou tout-puissant ; à nous de l’aider à aller plus en profondeur pour découvrir son vrai visage.

Si la Grotte et les piscines pouvaient parler, elles nous parleraient d’humanité. Quand une maman frotte délicatement son enfant malade contre le rocher de la Grotte, on ne peut que se taire et pleurer avec elle. Ici, nous découvrons, dans la présence de Marie l’Immaculée, qui n’est pas une déesse, notre dignité de fils de Dieu.

En quoi le sanctuaire de Lourdes est-il un haut lieu de la piété populaire ?

P. H. B. : La piété populaire renvoie à la relation de chacun à Dieu. Je n’aime pas opérer de distinction entre ceux qui sont dans la religiosité populaire, les cartésiens… car nous portons tous en nous trois sortes de pèlerin. Le premier pèlerin, très en lien avec la piété populaire, boit de l’eau, touche le rocher… Tout le monde le fait, à commencer par le pape lorsqu’il se rend à Lourdes. Le deuxième pèlerin accomplit les dévotions traditionnelles de notre foi : le chemin de croix, le chapelet, la messe… Et, enfin, le troisième pèlerin, c’est celui qui se demande, après ces moments d’émotion, comment changer quelque chose dans sa vie.

Recueilli par Arnaud Bevilacqua

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